vendredi 16 mai 2014

Mendoza

Je quitte Santiago par les mêmes boulevards utilisés lors de mon entrée. En franchissant le rio, l'avenue Miraflores qui me paraît toujours aussi tranquille, est traversée cette fois-ci sans escorte. Je gagne le périphérique et m'extraie de l'ère métropolitaine par une route tranquille jusqu'à la cité dortoir de Lampa.
A Polpaico j'oblique au nord-ouest pour rejoindre après 35 kilomètres de plat la Cuesta Chacabuco. La grimpette de 15 kilomètres me permet d'éviter le tunnel autoroutier, et je rejoins ainsi Los Andes après avoir croisé de nombreux cyclistes du dimanche depuis Santiago, me confortant dans le choix de cet itinéraire pour quitter la capitale chilienne.

Cuesta Chacabuco

Le temps est à la bruine lorsque j'entame l'ascension de la route 60 vers l'Argentine. Le col situé à plus de 3000 mètres fut fermé plusieurs jours il y a peu de temps à cause de la neige, mais après une nuit passée au bord du rio Juncal dont la rive gauche est squattée par un train de marchandises, le baromètre est au beau fixe.



La pente devient plus raide à l'approche du but, mais les nombreux virages en lacet, numérotés comme à l'Alpe d'Huez, adoucissent le pourcentage.




Passage à la station de ski, et à la Laguna del Inca


puis dernière rampe au travers d'un tunnel paravalanche qui conduit à plus de 3100 mètres à l 'entrée du tunnel del Cristo Redentor long de quatre kilomètres



interdit aux vélos, Paulo y attend une camionnette pour passer sous le rocher culminant à 3800 mètres d'altitude.


Il ne me reste plus qu'à descendre vers l'Argentine, après avoir eu un bref aperçu du Cerro Aconcagua sur la gauche, qui avec ses 6969 mètres est le plus haut sommet du continent.


Je quitte le Chili, en espérant une dernière excursion plus au nord autour de San Pedro de Atacama, et retrouve l'Argentine, qui se caractérise par des paysages plus ouverts, avec un côté parfois dantesque.


Puente del Inca



Quebrada seca

 Je croise ce couple d'Uruguayens, José et Caro, qui profitent de la moindre occasion pour faire de la pub à l'entreprise mondiale de fabrications de panneaux solaires dont ils sont salariés.


J'ai beau quitter à l'aube mon bivouac dans la montagne à plus de 2000 mètres d'altitude, la dernière étape longue de 170 kilomètres me fait arriver à 30 kilomètres de Mendoza alors que la nuit est déjà tombée.


 rio Mendoza

Trop tard pour trouver l'itinéraire bis ; je rejoins à contre cœur la route 40 transformée en périphérique à l'approche de la ville.
A peine ais-je quitté la bretelle que deux policiers me font signe de la main. Je m'attends à devoir faire demi-tour, mais non, c'est la voiture qui me suivait qu'ils interpellent. Ils me laissent continuer comme si ma présence à vélo sur cette voie d'urgence de nuit était naturelle. J'y croiserai d'ailleurs des piétons sur le terre-plein central et d'autres cyclistes sur le bas-côté. Y a rien qui va mal !

Dans l'obscurité je vois à peine les débris de toutes sortes qui jonchent le bord de la chaussée. C'est un miracle d'arriver dans l'hyper centre sans crevaisons.
Je gagne en soirée l'Alliance française, dirigée par Franck Poupard, un Vendéen originaire de Saint-Prouant, qui tombé par hasard sur mon blog m'avait lancé une invitation il y a quelques jours.
Ayant plutôt prévu à la base de continuer ma remontée par le Chili, l'idée de rencontrer un autre Vendéen, cette fois-ci en Argentine, fit son chemin.

Me voici donc à Mendoza, cette grande ville argentine entourée de vignobles réputés, dont le centre aéré autour de sa grande Plaza de Independencia, et à l'ouest son immense Parque General San Martin dessiné par le paysagiste français Charles Thay, en fait une halte plus qu'agréable.


plaza de Independencia

plaza de Espana

Municipalidad

Barrio Civico
 
 Parque General San Martin...



grille d'entrée offerte par la France

église de San Francisco, plus vieil édifice de la ville

L'originalité de la ville, ce sont ces rigoles qui entre le trottoir et la chaussée permettent l'évacuation des eaux, obligeant de nuit à être vigilant pour ne pas faire une chute humide !


Mendoza c'est aussi l'occasion d'une nouvelle pause dans le voyage, et d'assister à quelques manifestations de l'Alliance française, comme cette exposition de peintures de Carlos Ercoli.






J'aurai même l'occasion d'y présenter mon tour d'Europe de 2010 auprès d'un petit public argentin.
Merci Franck, qui se démène pour faire vivre la culture française en Argentine.



Je ne saurai oublier cet accueil où je me suis senti comme chez moi.
Dur de reprendre le vagabondage ce week-end...


site de l'Alliance française à Mendoza  (www.afmendoza.org)




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