dimanche 6 juin 2021

du GR 364 à la vallée des fresques

 

Je récupère le GR 364 après Saint-Philbert-du-Pont-Charrault, ayant déjà parcouru au printemps le trajet entre Olonne/Mer et Chantonnay. Mais avec un Paulo chargé à son maximum, les choses devraient se corser un peu.

GR 364...




Vouvant ; église romane

GR 364 à Vouvant


La première difficulté survient dans la forêt de Mervent.




En longeant la Mère, juste après cette photo, le sentier devenu très étroit fait quelques crapahutes dans les bois, m’obligeant à plusieurs allers-retours : transport des sacoches en deux temps, puis finalement le vélo. Séquence escargot.

Un deuxième contretemps survient après l’Absie.



Après une descente tout schuss sur une sente caillouteuse, le pneu arrière explose sans préavis. Le couple qui habite la maison située de l’autre côté du ru ont cru à un coup de fusil. Mais non, c’est juste Paulo qui s’éclate ! Pas de pneu 26 pouces disponible. Il me reste plus qu’à effectuer une réparation de fortune (couture et chambre à air renforcée) pour gagner après 30 km à la vitesse de la tortue Parthenay par les petites routes.

Parthenay-le-Vieux


Le troisième embêtement se manifeste sous la forme d’un couple de jeunes bovins qui ont quitté leur pâture pour brouter dans le chemin. Le taureau, après hésitation, me passe devant pour rejoindre le reste du troupeau ; mais la vache, elle, reste plantée dans le passage.



Je laisse le vélo au bord du sentier, contourne l’obstacle par le champ situé en contre-haut, et prends à revers la jeune entêtée pour l’obliger à rebrousser chemin vers son compagnon. Mais comme elle doit passer devant Paulo, et qu’elle en a une peur bleue, elle fait demi-tour … et me fonce dessus. Il ne me reste plus qu’à l’esquiver ; je tente une passe de torero qui ressemble plus à un lamentable plongeon dans le fossé qu’à une quelconque figure de style.

La vache a détalé. Je la retrouve plus haut dans le chemin, et elle finit par se carapater au travers d’un champ ouvert, me laissant, enfin, la route libre.

Je repasse devant des villes et villages déjà visité cet hiver, comme Jazeneuil ou Lusignan.

lac de Ménigoute

passage délicat de la Vonne

Jazeneuil


Au sud de Poitiers, l’itinéraire emprunte des pistes cyclables très agréables, et je gagne La Roche-Posay posée sur la Creuse après une ultime voie verte.

pampa poitevine


La Roche-Posay



A partir d’Angles/l’Anglin, je change de direction (plein sud) en remontant le cours de la Gartempe.

Angles sur l'Anglin



C’est plus roulant que le GR ! Cette vallée est surnommée la « vallée des fresques », car les nombreuses églises romanes qui jalonnent la rivière possèdent des peintures remarquables, comme celle de l’abbaye de Saint-Savin.

Saint-Savin

Antigny

église d'Antigny

château de Bois-Morand

Montmorillon


A partir de Montmorillon, la rivière devient plus impétueuse. Quelques rapides, comme au Roc d’Enfer par exemple, en font un spot de kayak très réputé.

saut de la Brame ; un bel endroit pour le bivouac

entrée dans le Limousin

chapelle Sain-Martin


Je fais une pause à Bellac, et découvre une charmante cité charpentée autour d’un émissaire de la Gartempe, le Vincou.





Une courte étape vers l’est, qui passe par Châteauponsac, se termine aux portes de la Creuse par une pluie d’orage interminable. Je trouve à bivouaquer en urgence auprès d’un lac à côté d’un camping fermé.

Châteauponsac

déjà l'orage menace


La dernière étape vers la source de la Gartempe se fait sous le soleil. Autour de Fursac et du Grand Bourg, la rivière prend l’allure d’un tranquille cours d’eau de haut bocage. Les prés chantent les meuglements des taureaux qui se répondent d’un champ à l’autre.

avant Fursac


Saint-Silvain


Puis en grimpant encore par des routes toujours plus petites, c’est parfois un petit torrent que je longe sans déplaisir, et qui abrite, chose rare en France, des spécimens de saumon atlantique.



A Maisonnisses, je gagne une « prairie d’altitude » à 500m de hauteur. Un dernier crochet par Lépinas, et j’oblique plein nord vers le hameau de Petillat, où la Gartempe prend sa source.

la Gartempe, au sortir de la source


Je quitte à regret cette vallée des fresques et plonge à Bourganeuf par la route touristique. La cité médiévale est dominée par la tour Zizim, qui fut construite pour accueillir le prince ottoman en exil Djem, fils de l’empereur Mehmet II.

tour Zizim au premier plan

ancienne gare


A une dizaine de kilomètres, Soubrebost est la ville natale du maçon creusois Martin Nadaud, célèbre pour avoir prononcé en 1850 à l’Assemblée nationale : « à Paris, quand le bâtiment va, tout va ».

Mais avant d’être député, il participa à la migration des maçons de la Creuse pour aller construire Paris. Les conditions de travail éprouvantes de l’époque (logements insalubres, manque d’hygiène, accidents fréquents…) sonnent comme à un écho à ce qui se passe encore aujourd’hui.


(vidéo de "Marie s'infiltre" sur Dubaï)

L’histoire est un perpétuel recommencement.


vendredi 21 mai 2021

Sèvres

 

Sèvre niortaise en février ; Sèvre nantaise en mai.

Ces excursions de quelques jours autour de ces deux rivières qui ont donné leur nom au département 79 permettent d’entretenir l’illusion du voyage entre les périodes de confinement.



 

Après avoir franchi les vallées du Lay et de la Vendée, je rejoins la Sèvre niortaise aux ruines du château de Coudray, puis la quitte après le château de la Taillée pour gagner Celles-sur-Belle.

vallée du Lay

château de Bourneau

la Vendée au pont de Fleuriau

château de la Taillée


Le bourg est dominé par sa magnifique abbaye royale du 17ème siècle.



Une belle voie verte mène à Melle et à son église romane de Saint-Hilaire, étape du chemin de Compostelle.



En remontant à Saint-Maixent l’Ecole, je franchis à nouveau la Sèvre. J’emprunte dès lors un itinéraire qui va contourner par l’est la source du fleuve située dans la commune de Sepvret.

Je rejoins d’abord la Vonne à Sanxay, que je remonte jusqu’au château de Lusignan.

Sanxay

Lusignan...


la Vonne


Puis en plongeant plein sud je trouve à bivouaquer après Civray le long de la Charente.



Je fais un crochet par Charroux où subsiste de l’abbaye bénédictine Saint-Sauveur la seule tour-lanterne Charlemagne.



Après Ruffec, je retourne vers l’ouest, passe des plateaux venteux, traverse le joli parc du château de Frontenay-Rohan-Rohan au sud de Niort, franchit la Sèvre à Coulon, en plein marais poitevin, et retrouve mon point de départ à l’Angle-Guignard, le plus ancien barrage de Vendée.


Frontenay

lac de l'Angle-Guignard


 

En mai, fais ce qu’il te plaît, même si la météo très venteuse est capricieuse. L’itinéraire côtier depuis la baie de Bourgneuf jusqu’au pont de Saint-Nazaire est très prisé en ce premier week-end déconfiné. La file d’attente devant les marchands de glace déborde des trottoirs, mais les sourires se devinent malgré les masques.

Pornic

baie de Bourgneuf

Port-Giraud


Je remonte l’eurovélo 6 par le canal de la Martinière jusqu’à Rezé, et quitte la Loire au quartier de la Confluence pour emprunter le chemin de halage de la Sèvre nantaise jusqu’à Vertou.

En amont de la Haie-Fouassière, suivre le cours de la rivière est une gageure. Les petits sentiers de randonnée n’ont cesse de crapahuter dans les vignes avant de replonger vers la Sèvre dans des descentes parfois hasardeuses avec un Paulo bien chargé. L’impression d’aventure n’en est que plus réjouissante.

Sèvre nantaise ; entre deux passages dans les vignes


Je gagne Clisson à la vitesse de l’escargot. 

la Sèvre avant Clisson


En remontant vers la source, je retrouverais le sentier cyclable vendéen arpenté à plusieurs reprises. Je m’engage donc vers le sud pour terminer cette petite boucle printanière.

rivière de la Grande Maine