samedi 12 septembre 2020

des Alpes aux Cévennes

 

Je quitte les Alpes par une énième montée du Lautaret, mais cette fois-ci avec le vélo chargé à ras-bord. La descente suit le cours de la Romanche, avec une belle voie verte de dix kilomètres entre Bourg d’Oisans et Allemont, et une superbe vue sur le massif de Belledonne.

 

la Romanche

massif de Belledonne

A Echirolles, dans la banlieue grenobloise, j’oblique à gauche vers le Vercors. La montée très sèche vers St-Nizier-du-Moucherotte permet de surplomber rapidement la capitale de l’Isère sise au pied de la Chartreuse.

Grenoble


Depuis Villard-de-Lans, je plonge vers la Drôme en suivant les Gorges de la Bourne en toute fin d’après-midi.

Gorges de la Bourne


A partir de Saint-Péray, je reprends de la hauteur sur la Corniche du Rhône.

château de Crussol

Corniche du Rhône : dernière vue sur le Vercors


Je suis déjà en Ardèche. Les petites routes en montagnes russes autour de Gilhoc-sur-Ormèze sont tranquilles ; elles sont bordées de châtaigniers maousses dont les fruits pas encore mûrs sont réservés à la commercialisation … dommage !


Gilhoc-sur-Ormèze


Pour rejoindre Saint-Agrève depuis Lamastre, j’emprunte le tracé de l’ancienne voie ferrée. Cette « dolce via » me fait doubler le nombre de kilomètres ; tant mieux, je suis en mode balade.

vallée de l'Eyrieux...

...que suit la "Dolce Via"



Le Mont Mézenc annonce la Haute-Loire. Ce département rarement plat est chapeauté par de nombreux volcans formés il y a quelques millions d’années. La lave gluante s’est extirpée du ventre de la terre via des cheminées, et a formé en ce refroidissant toutes ces éminences que Paulo arpente parfois avec peine.

Mont Mézenc (1750m)

St-Agrève ; vue sur le Gerbier des Joncs à gauche,
et le Mézenc à droite

Tence

volcans de Haute-Loire


A Queyrières, au pied d’un de ces petits volcans, la route descend (enfin) jusqu’au Puy-en-Velay, pour un jour de repos et une intéressante visite du musée Crozatier.


Queyrières

musée Crozatier ; vue sur le Puy

Aiguilles


Un vent de nord me pousse vers les Cévennes.

lac de Naussac


A Langogne, le buste de Pierre Galtier, dont les travaux sur la rage ont pu inspirer Pasteur, a été remis au goût du jour.



Le Rachas


A Villefort, j’oblique plein ouest pour m’arrêter au pied du Mont Lozère. Je suis sur la route du chemin de Stevenson, et profite ainsi de petits campings municipaux encore ouverts.


lac de Villefort

La Garde-Guérin

vallée de l'Altier



Au col de Finiels, une piste sinueuse parcourt le sommet du Mont vers l’est en restant à plus de 1500 mètres d’altitude, laisse sur sa droite les sources du Tarn, puis plonge vers la route du Mas de la Barque. A peine quelques hectomètres d’asphalte, et la piste repart vers l’ouest jusqu’au hameau de L’Hôpital, me laissant découvrir ce Mont Lozère à un rythme appréciable.


Mont Lozère... 




Après une descente tortueuse vers la vallée du Tarn, je poursuis en soirée vers la Montagne de Bougès ; au versant nord très boisé s’oppose le côté sud plus agricole où je trouve à bivouaquer sous les châtaigniers.

Après une journée de pluie passée entre Florac et Meyrueis, où le Temple protestant de forme octogonal étonne par sa simplicité, je pars à l’assaut du Mont Aigoual.


Florac

Vébron

Meyrueis

Temple octogonal


L’ascension dans une forêt mêlée de résineux et de feuillus n’est pas insurmontable ; au sommet, malgré le temps maussade, la vue est panoramique sur l’ensemble des massifs français.


vallée e l'Hérault

Mont Aigoual ; Observatoire météorologique


Il ne me reste plus qu’à redescendre, par la vallée de la Dourbie, puis celle de Trévezel, qui s’achève à Cantobre, cet étonnant village un poil perché !






Il marque l’entrée dans le canyon de la Dourbie ; un chemin improbable m’emmène au bord de la rivière pour une nuit enchanteresse.




Un pêcheur à la mouche vient essayer de piéger une truite à la tombée du soir. Il revient bredouille sur la berge, mais se montre intarissable sur sa passion, et sur son engagement au sein de son association pour maintenir les zones de frayère et surveiller les populations de poissons par des pêches électriques annuelles.

Le lendemain, c’est bien reposé que j’attaque l’ascension du Causse Noir. Sur le plateau, je dérange un magnifique rapace qui prenait un bain de soleil sur la lande.




Après une sèche descente sur le Rozier, je remonte pendant quelques kilomètres les Gorges de la Jonte. Les vautours tournoient sans relâche dans les cieux azurs.




Au Truel, je m’engage à gauche sur une petite route à sens unique qui part sans ménagement à l’assaut du Causse Méjean. Les zones d’évitement sont rares. Ma monture bien chargée ne peut même pas croiser une voiture. Et comme les rares véhicules qui descendent débouchent des virages comme des bienheureux, je risque fort à ce petit jeu d’en faire les frais. J’irai peut-être au paradis, mais pas à un train d’enfer !

8, 10, puis 12% : je gagne vite de l’altitude. Les vautours planent juste au-dessus de ma tête ; je les soupçonne souhaiter que je me vautre dans le vide. Ah les charognards !

Je passe le reste de la journée sur le Causse. Le paysage varie entre sommets boisés et zones pastorales. A partir de la Parade, le plateau se transforme en Beauce bosselée ; les sommets arrondis sont couverts d’herbes jaunies, et ont peine à cacher la silhouette montagneuse des Cévennes.


Causse Méjean...






Ces pelouses sèches parsemées de bois, d’amélanchiers, de genévriers ou de lavandes sont un régal à parcourir en soirée. Le joli hameau du Buffre intervient comme une oasis dans le désert.

En revenant vers l’ouest le matin, les vues sur les gorges du Tarn sont imprenables.





Ce « petit » détour par les Cévennes était un must à refaire sans modération.


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