mercredi 10 septembre 2014

vacances péruviennes



Après avoir demandé un autre avis médical, dans une clinique cette fois-ci, le docteur, à la vue de la radiographie, m’annonce l’enlèvement des trois broches six semaines après l’opération. Ça me laisse 15 jours à attendre, et comme mon visa bolivien commence à perdre de sa validité, je m’échappe une dizaine de jours au Pérou en bus.

Puno est ma première étape. Très touristique, la ville est la porte d’accès aux îles du lac Titicaca, que l’on prononce “Titirara”.





Ces deux étudiants en mécanique de Juliaca y passent le week-end en quête d’étrangers, et ils n’ont que l’embarras du choix. Petite interview filmée afin d’améliorer leur anglais ; je suis leur premier client, et bien que non-anglophone, c’est plutôt amusant.


Je n’échappe pas au tour de deux jours dans les îles. La prestation est plutôt économique et permet un apport supplémentaire aux familles qui vivent de façon traditionnelle.

Iles de los Uros d’abord, où l’on accoste sur ces énormes blocs de roseaux amarrés par des pieux plantés dans le fond du lac. Ces îles flottantes accueillent ici 3 à 4 familles, et peuvent durer de 30 à 40 ans, moyennant un entretien régulier et fastidieux des totoras.








Ile Amantani ensuite où l’accueil se fait la nuit chez une famille Quechua. Comme le couple péruvien qui m’accompagne parle également la langue des Incas, j’assiste à une conversation mi-espagnole mi-quechua où je ne saisis pas forcément tout !



Ile Taquila enfin, avec ses nombreuses cultures en terrasses, où la terre est gérée de façon collective par la communauté, empêchant toute acquisition de propriété par les étrangers.
Le lac, berceau de la civilisation inca, conserve jalousement ses accès à ses descendants directs.




Le centre d’Arequipa est un joyau de l’époque coloniale.

Arequipa, au pied du volcan Misti, encore en activité










Je m’y extraie au bout de deux jours pour faire un petit trekking dans le canyon de la Colca, un des plus profonds au monde.




 Tous les mini-bus s’arrêtent au même moment au Mirador des Condors, où seuls deux spécimens viendront égayer l’attente de la foule des touristes.




Le trek commence un peu plus loin, avec une descente de trois heures vers le fond du canyon, puis un passage dans les villages qui surplombent le rio.



  


La rencontre avec les habitants est plutôt biaisée, eux qui considèrent un peu les randonneurs comme des porte-feuilles sur pattes.
Pas vraiment mon trip finalement ce genre d’escapade : la liberté de se mouvoir à sa guise est compromise par le rythme imposé par le guide. Ça me permet cependant d’avoir un autre aperçu de la région.

Après avoir rencontré trois Angevins à la frontière il y a sept jours, je randonne dans le canyon aux côtés de Justine, Malika et Thomas, trois Bretons de Vannes en vacances au Pérou.



La deuxième nuit se passe dans cette étonnante oasis au bord de la Colca.



Le lendemain la remontée vers le haut du canyon se fait par une sente quasi verticale avec un dénivelé de plus de 1200 mètres.
La crapahute fut un peu ardue, mais j’ai pu constaté que n’ai pas trop perdu de ma condition physique.

le sentier en zigzag vers le haut du canyon

Les vacances passent vite. Pas le temps d’aller au Chili.
Dans le bus entre Arequipa et Puno un bonimenteur propose une huile magique capable de guérir gastrites et un nombre incroyable de maladies. Seul gringo à bord je montre peu d’intérêt pour la démonstration et n’ai pas droit aux petites gouttes d’essai sur le creux de la main. Dix sols seulement les deux flacons : je suis bien con de ne pas avoir montré plus d’intérêt pour l’onguent miracle.
Je quitte le bus comme on referme un album de Lucky-Luke et continue ma route vers La Paz.

Passage par Copacabana, où j'entre à nouveau en Bolivie.


Cette partie du Pérou ressemble en bien des aspects à son voisin : cireurs de chaussures, crieurs de stations depuis les mini-bus, vendeurs ambulants … la seule chose qui manque au tableau, c’est l’omniprésent portrait d’Evo.


 



mardi 26 août 2014

La Paz (1)



Mettre Paulo dans un bus ; voilà bien la dernière des extrémités à laquelle j’aurais aimé être confronté.

J’arrive à la gare à l’heure que l’on m’avait conseillée, mais vue la gueule que me tire le bagagiste,  j’aurais dû anticiper. Mais bon, avec un peu de bonne volonté, le vélo trouve sa place bien comme il faut à l’arrière du bahut.



Je n’ai jamais réussi à bien dormir dans un bus, celui-ci ne déroge pas à la règle. L’itinéraire suit des villes déjà visitées auparavant, dont Potosi et Oruro, avant de gagner El Alto, la ville banlieue de l’altiplano qui domine La Paz.



J’atterris à la casa de ciclistas tenue par Cristian où je vais passer plus d’une quinzaine de jours en attendant la guérison du doigt.

Ce couple d’Anglais, Matt et Anna, m’y accueille avant de reprendre leur route vers le sud le lendemain.



La Paz est une ville toute en hauteur, de 4000 mètres à El Alto avec ses quartiers populaires, à 3000 mètres en bas de la vallée avec ses maisons chic.



Comme à Sucre, je déambule dans la ville au gré de mes envies en découvrant ses monuments qui s’étirent de part et d’autre de l’avenue principale.

monastère San Francisco...



plaza Murillo
cimetière

calle Jaen

 
Sopocachi


La Paz offre de nombreux miradors, de jour…


…ou de nuit
  





Le colis qui m’attendait prématurément à Santiago se trouve dans le bon tempo à La Paz, et vient finalement à point nommé pour couronner cette année de voyage !





Quelques randonnés sur un ou deux jours permettent de s’échapper un peu du centre…

la vallée de La Luna, avec ses étranges formations géologiques...

passage devant le zoo de Mallasa et ses condors des Andes...

... avant de profiter d'une belle vue sur la vallée située plus en aval



La virée au bord du lac Titicaca ne se passe vraiment comme prévue.
Pour gagner Copacabana, le bus traverse seul cette partie du lac tandis que les passagers utilisent une autre petite embarcation.




Mais sur l’autre rive, alors qu’on est toujours en Bolivie, un fonctionnaire des douanes contrôle l’identité de quelques passagers.
Comme je suis le dernier à quitter le bateau, et que j’ai pris mon temps pour quelques photos du lac, je me retrouve seul devant lui ; je présente la photocopie de mon passeport, qui s’avère inutile pour espérer continuer ma route.

“Sans le passeport original, vous devez retourner à La Paz !”
“…”

Il demande au chauffeur du bus de sortir mon sac à dos de la soute et me laisse sur le bord du trottoir alors que le bus poursuit sa route sans moi vers l’Isla del Sol.
Enervement de ma part (car un simple coup de fil à La Paz aurait permis de contrôler la régularité de ma situation) ; réaction du fonctionnaire qui me menace de m’expulser si je n’obtempère pas à ses ordres ; signature d’un carnet où mon nom apparaît après un liste de nombreux autres infortunés voyageurs qui comme moi ont du rebrousser chemin ;  retour sur l’autres rive … c’est fou comment la décision d’une petite autorité perdue au milieu d’un nul part bolivien peut vous gâcher l’existence !

Je suis venu marcher pour trois jours, alors je marcherai ! Je reprends à l’envers le trajet utilisé par le bus en longeant à pied de plus ou moins loin la partie sud du lago, en ayant cette fois-ci tout le temps d’admirer le paysage…



 





J’aurai également droit à mon bivouac au bord du Titicaca
 



et arrêterai ma randonnée le deuxième jour dans ce petit village
 


non pas que j’en avais assez de marcher, mais parce qu’un chien sans doute de mèche avec le fonctionnaire de la veille décida de prendre le bas de ma cuisse pour un morceau de gigot.
Je décide donc d’arrêter les frais et arrête un micro pour La Paz après avoir nettoyé la plaie.

Mon vaccin anti-rabbique reçu avant le départ doit être renforcé grâce à l’injection de deux doses supplémentaires espacées de trois jours.
Je contacte le docteur Parent de l’ambassade de France qui se procure en deux jours le vaccin de l’institut Pasteur.

Je trompe l’attente à la casa de ciclistas en compagnie de Paul, un Français qui achève à Lima un tour du monde en vélo couché après être passé par l’Asie, et ce couple de retraités canadiens, Jeff et Roz, qui ont démarré leur périple depuis la capitale péruvienne.  




Roz porte en bas du genou un tatouage avec le nom du blog, “shift happens”, qui se traduit par “un changement peut arriver”, ce qui résume finalement assez bien un voyage à vélo.



Je suis quant à moi peu fier d’exiber mon nouveau tatouage imprimé en une fraction de seconde au dessus du genou de façon un peu mordante … “shit happens”, ce qui se traduit élégamment par “des événements parfois discourtois peuvent arriver”.




J’effectue ce mardi matin la radio de contrôle de l’auriculaire, qui s’avère décevante : les os ne sont pas recollés.
Une première semaine d’attente supplémentaire pour ôter une première broche ; puis pause d’une atèle à garder pendant 15 jours pour espérer une guérison plus rapide ; sans garantie d’ailleurs de réussite ; et puis de la rééducation derrière … pas près de retourner sur le vélo.
L’éventualité d’un retour prématuré, dernière option non souhaitée, commence à prendre sur un camembert figuratif des différentes alternatives qui s’offrent à moi pour la continuité de ce voyage un pourcentage de plus en plus conséquent … shit really happens !