vendredi 7 mars 2014

Coyhaique

Le retour par le Chili se fait par une piste plate et rectiligne jusqu'aux abords du lac General Carrera que je longe cette fois-ci rive nord.




Le ripio qui part vers la montagne après le poste frontière argentin ne prend pas de détours : fort pourcentage sur de la tôle et du sable, je suis bon pour pousser Paulo pendant quelques mètres. J'ai bien l'impression que les dameuses argentines sont en vacances depuis le début de l'été.
Heureusement côté chilien les pentes les plus sévères ont été récemment pavées, rendant la descente de cinq kilomètres sur Puerto Ibanez bien plaisante.



Là je retrouve le bitume. Les trente kilomètres qui rejoignent la route 7 paraissent presque faciles. 

 un petit lac parmi d'autres
 
Je fais un détour de 9 kilomètres au village de Cerro Castillo, avec une ultime tentative pour voir le huemul, cette espèce très farouche de cerf endémique de la Patagonie. En vain. Les excursions à cheval proposées par certaines petites agences se font parfois accompagnées de chiens. Les huemuls ont donc depuis longtemps déserté les abords du sentier de randonnée.

Tant pis. En reprenant le cours de la carretera australe je croise à nouveau de nombreux cyclistes. Entre autres : James et Stephanie qui viennent d'Alaska ; un couple anglo-québécois vivant en Norvège accompagné de leur enfant de 1 an qui suit le mouvement assis dans sa petite carriole munie de bonnes suspensions ; cette Française – Anaïs – qui vit au Chili depuis 1 an et qui s'essaye au cyclotourisme après avoir quitté un emploi à Valparaiso pour en reprendre un autre dans un mois à San Pedro de Atacama, tout au nord du pays.




Il y aurait de quoi écrire un roman sur toutes ces trajectoires qui s'entrecroisent au tournant des routes australes.

Depuis Villa O'Higgins je cyclote dans la région chilienne de l'Aysen. Loin de la capitale, avec des routes peu ou pas asphaltées, le temps semble parfois s'y être arrêté à une époque passée. Les petites villes ou villages traversés sont très paisibles, à l'image de Cochrane, Chile Chico, Puerto Ibanez ou Villa Cerro Castillo, avec leur petite place centrale proprement aménagée.

 Parc naturel de Cerro Castillo


 Villa Cerro Castillo, place centrale

Coyhaque, la capitale, fait donc figure de métropole, avec ses grandes zones commerciales ou sa rue piétonne animée. Mais elle reste une petite ville provinciale agréable, avec ses banlieues aux maisons identiques qui gravissent la colline, ou ce petit vide-grenier de fringues du samedi matin qui s'étale sur les trottoirs bordant une halle de quartier. Le soir la place centrale ne manque pas d'animation, avec une démonstration de sculpture sur bois au milieu, et une sono bruyante au sud qui fait écho à une petite équipe de prédicateurs au nord. Très couleur locale. 




 
L'après-midi sera lui consacré à Paulo. L'unique atelier de vélo de la ville possède des galets compatibles, l'occasion de donner donc un coup de neuf à la transmission. Le pneu arrière usé par les pistes est lui aussi remplacé. Le porte-bagage arrière qui grince depuis deux jours me pose un petit problème : un des quatre boulons qui le maintient solidaire du cadre reste coincé dans le pas de vis, ce qui m'oblige à quelques recherches dans les magasins de bricolage pour le remplacer.

Autour de Coyhaique le paysage se fait plus champêtre tout en gardant une splendeur toute chilienne.





Le bitume serpente autour de belles vallées propices à la pêche en rivière.


Côté vélo ça coule beaucoup moins bien. La remise de la deuxième chaîne s'avère être une mauvaise option. Elle casse trois fois avant d'arriver à Villa Manihuales : plateaux et cassette ne l'acceptent plus, ce qui m'oblige donc à installer une chaîne neuve.
Ce système de deux chaînes changées tous les 2000 kilomètres n'aura pas été pour moi un grand succès ; expérience non renouvelable !

En ce début mars, c'est la rentrée des classes après les longues vacances d'été. Le temps devient soudain très automnal. La première journée de pluie se fait donc à l'abri, partagée avec ces cyclistes de la carretera australe, ce qui la rendra bien chaleureuse.

Jorg, Connor, Franz et Aaron (Autriche, Irlande et Pays-Bas)

La reprise de la route est plus difficile, surtout quand le temps est au gris. Je longe le rio Cisnes jusqu'à son embouchure, où vivent les 2400 habitants de la petite ville de Puerto Cisnes, localité bien tranquille qui ressemble un peu à Puerto Williams de l'île de Navarino, avec ses petites maisons en bois qui descendent en paliers jusqu'au port.




Je me renseigne, un peu au hasard, sur les possibilités de rejoindre l'île de Chiloé en bateau. La petite compagnie « Naviera austral » affiche complet jusqu'à la semaine prochaine. Mais en entrant dans le bureau, il semble qu'il y ait de la place pour un cycliste. 
J'achète en fait un billet pour Melinka, la dernière escale avant Chiloé, avec comme consigne de rester à bord du bateau pour ne pas perdre mon fauteuil. Bon, j'espère que ça va fonctionner, car Melinka est une bourgade perdue sur les îles Guaitecas, en plein milieu du Pacifique. J'espère ne pas avoir à jouer les Robinson avant le prochain départ...

le billet pour Chiloe, ou je me rends compte que j ai ete enregistre comme Finlandais

Le départ du bateau en provenance de Puerto Chacabuco est fixé ce vendredi vers 22h30 ; il me reste donc un peu de temps à attendre en cette fin d'après-midi.
A bientôt donc, à Chiloé (enfin j'espère !).


 




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