mercredi 28 mars 2018

timide printemps lorrain


La traversée des Vosges est entamée sous un beau soleil ; c’est tout de même plus agréable ainsi.




Mais Paulo ne l’entend pas de cette oreille. Dans le dernier virage qui mène au col de la Charbonnière, sur une rampe un peu plus pentue, la transmission ne répond plus ; pédaler en avant est aussi efficace que pédaler en arrière : le corps de cassette est hors service. Ce qui rend le vélo aussi peu utilisable qu’une trottinette.
Je pousse donc mon chargement jusqu’au col. Et là, mauvaise surprise ; il me reste encore 160 mètre de dénivelé pour arriver au sommet de la montagne.

C’est donc bien éreinté que j’arrive au Champ du Feu, à 1100 mètres d’altitude, où un petit peu de neige permet de faire un petit peu de luge.




Moi aussi, je passe en mode luge jusqu’à la vallée ; tout schuss vers la gare d’Obernai, qui est symbolisée sur ma carte par un petit rectangle. Un ter me conduit en soirée à Strasbourg.
Le camping situé pas très loin de la gare ne prend pas de campeurs l’hiver par arrêté préfectoral ; ce qui fait bien sourire le cyclo-voyageur qui a bivouaqué tout l’hiver( !). J’y récupère un plan de la ville, où l’auberge de jeunesse matérialisée près du Rhin, à l’opposé de la gare donc, me laisse pantois quant aux sept kilomètres de marche qui me restent encore à accomplir. Mais le tram peu bondé à cette heure tardive acceptera Paulo.

Le lendemain, je pars avec ma roue démontée arpenter les rues de la capitale alsacienne en vue de dégotter un vélociste apte à la réparer.
L’entreprise tourne vite à la déroute. Remplacer cette petite pièce de la transmission me coûterait aussi cher que d’acheter une nouvelle roue. Je revis les mêmes scènes qu’à Oslo, où on m’indique un nouvel endroit où on pourra assurément me changer la pièce … peine perdue.
Je finis par acheter une roue premier prix qui supportera j’espère mon chargement jusqu’au bout.

corps de cassette HS


Passé le centre médiéval, Strasbourg dégage le long des quais de grands espaces commerciaux ou d’habitations réservés aux piétons que n’auraient peut être pas renié Le Corbusier.

une cathédrale incontournable

Petite France...



autour des quais, les grands espaces




La neige revient pour le week-end ; je prolonge mon séjour, tout en sachant que je n’aurai pas de mal à trouver de quoi m’occuper dans cette agréable cité.


Kehl, en Allemagne, de l'autre côté du Rhin



Je reprends à Obernai le trajet là où je l’avais quitté.




La blanche plaine d’Alsace est encore bien froide, et je me réchauffe pas plus dans les petites Vosges.


plaine d'Alsace

Molsheim, la ville d'Ettore Bugatti

Marmoutier

Vosges du nord

Saverne
canal de la Marne au Rhin



A partir de Sarreguemines, j’arpente un paysage industriel inédit. Avant de plonger vers Forbach, je devine côté allemand les rives de la Sarre.


Sarreguemines

Forbach ; mairie

Freyming



Je longe la frontière le long des cités minières, puis m’élève sur le plateau mosellan sous un 21 mars printanier.



plateau mosellan

bivouac printanier en amont de Metz


Mais ce n’était qu’un leurre ; l’hiver m’accueille dès le lendemain matin, avec vent glacial de face et neige fondue jusqu’à Metz.



La préfecture de la Moselle est un véritable musée à ciel ouvert qui m’occupe tout l’après-midi ; il y en a pour tous les styles.

A l’originale cathédrale Saint-Etienne répond de l’autre côté de la rivière la place classique de la Comédie.

cathédrale

place de la Comédie

temple protestant



En descendant la colline de Sainte-Croix vers la Seille, les vestiges des remparts médiévaux mènent à l’emblématique Porte des Allemands.




Plus au sud, le quartier impérial a été totalement reconstruit par les Allemands entre 1871 et 1918 autour de l’imposante Gare Centrale et de l’avenue Foch.

gare centrale et luminaires Stark

avenue Foch...



encore un autre style ; quartier de l'Arsenal

Lafayette et palais de Justice





Je remonte à nouveau plein nord, en empruntant quelques voies vertes, qui relient parfois entre elles villes ou cités minières.

Joeuf, ville minière



Je tombe pendant six kilomètres sur la route du Luxembourg au trafic plutôt intense ; c’est vendredi soir, et ça sent le travail transfrontalier.

Longwy est marquée du sceau de Vauban. Au milieu de la place d’armes, un puits très profond a été creusé pour permettre à la citadelle de tenir de très longs sièges.


hôtel de ville

place d'armes

cité Vauban ; porte de France


Mais face à l’invasion allemande de 1914, Longwy n’était depuis longtemps déjà plus à la page pour repousser l’envahisseur.

Après avoir descendu la vallée de la Chiers, je suis avec Paulo ce que fut la poussée allemande jusqu’aux abords de Verdun.

Cons-la-Grandville



Les premiers cimetières allemands me donnent un avant-goût du carnage.

cimetière d'Azannes


La ligne de front m’apparaît soudain avec les villages d’Ornes ou Bezonvaux, complètement anéantis sous la mitraille.

Bezonvaux


En contournant le fort de Douaumont par le sud, j’entre dans les lignes françaises. La résistance des Bleus pendant la terrible bataille de Verdun de 1916 se fit au prix d’abominables massacres, dont l’Ossuaire, nécropole nationale, donne un macabre aperçu.

fort de Douaumont

ossuaire...



Plus au sud, la tranchée des baïonnettes fut le témoin de l’anéantissement quasi complet du 137ème RI de Fontenay-le-Comte.



Cent ans plus tard, il ne reste en apparence plus rien du champ de bataille apocalyptique. Une immense forêt replantée depuis a englouti toutes traces du sanglant affrontement. Mares ou lacs ont remplis les trous creusés par les obus, et des populations animales moins tapageuses ont envahi les lieux.



Reste la mémoire. Et la conviction parfois frivole que promis, juré, on ne recommencera plus.

Verdun, bien que restée à trois kilomètres du front, ne fut pas épargnée par les bombes. De nombreuses souscriptions, à l’étranger notamment, permirent sa reconstruction.

Verdun ; quai de Londres

cathédrale

Monts de Meuse depuis Verdun


Je quitte la Lorraine par l’Argonne, et remonte à nouveau le temps jusqu’en 1792, quand Louis XVI cherchant à s’enfuir vers l’Autriche fut stoppé à Varennes.

Argonne...


Varennes

beffroi Louis XVI


mémorial américain



Je ne fuis pas quant à moi les sans culottes, mais l’hiver que j’aimerais bien semer définitivement. C’est le printemps, que diable !

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