mercredi 13 mai 2015

un été à Bayeux



A la maison du vélo de Caen, où quiconque peut venir apprendre à réparer son vélo de façon participative, je change les roulements du pédalier que je promène depuis Santiago. Toute la terre des pistes des hauts plateaux venue s’immiscer à l’intérieur du cadre s’écoule en masse sur le sol de l’atelier une fois les écrous dévissés. Fichtre. Mon assistant n’avait jamais vu ça !

Les plages du débarquement, en fonction de la brume ou du soleil, des villas estivales ou des dunes sauvages, affichent entre Ouistreham et Port-en-Bessin des paysages nuancés, avec comme traits d’union les monuments ou musées hommages aux forces nord-américaines venues libérer l’Europe en 1944, aidées par les résistances locales.

St Aubin-sur-mer

Courseulles

Arromanches

Port-en-Bessin



hommage à un régiment canadien venu débarqué à vélo

Juno Beach : musée hommage sur l'implication du Canada dans le Débarquement

359 soldats canadiens tués le seul jour de l'assaut du 6 juin 1944


Je fais une nouvelle incursion dans la Manche, via sa préfecture, Saint-Lô, dont la citadelle fut fort endommagée pendant la guerre, et qui possède un Haras national avec une belle collection de voitures hippomobiles.

Saint-Lô : citadelle


haras national

 
la Milord, faisant office de Fiacre à la Belle Epoque

Grand Break de chasse avec grand coffre pour charger les sangliers ... ou le pique-nique !


Les Roches de Ham, au sud de la ville, surplombent la Vire dont le halage permet une belle promenade.

la Vire
Roches de Ham

village de Saint-Fromond



De retour dans le Calvados, Thérèse et Alain m’ouvrent les portes de leur jardin pour une nouvelle session de wwoof.
Malheureusement le temps est à la pluie et n’est donc pas à gratter le sol. J’apprends malgré tout quelques notions théoriques sur la biodynamie et comme à Logodec, sur une façon peu traumatisante de cultiver la terre.

Alain est un personnage et a déjà eu plusieurs vies. De la vente de pain artisanal sur les marchés corses qui lui vaudra la jalousie des boulangers locaux et des menaces qu’on ne prend pas à la légère, à sa traversée à pied des Alpes et son séjour d’une semaine dans les prisons yougoslaves de Tito pour avoir refusé de payer une taxe à Dubrovnik, j’ai écouté un livre vivant aussi palpitant qu’un roman d’aventure.

le jardin

les canards apprivoisés devant le gîte


Je pars le week-end à Bayeux avant de rempiler pour une semaine en espérant retrouver un jardin ensoleillé.

Difficile de visiter Bayeux sans aller jeter un œil sur sa tapisserie longue de 68 mètres. Le terme broderie est d’ailleurs plus exact pour évoquer ces 9 panneaux en lin reliés par des fines coutures.
L’œuvre raconte le franchissement de la Manche par l’armée de Guillaume le Conquérant pour aller récupérer le trône d’Angleterre usurpé par Harold : l’épilogue de cette chevauchée est la fameuse bataille d’Hastings du 14 octobre 1066 qui dura pas moins de 14 heures … un vrai massacre !
Cette bande dessinée, destinée à un public d’illettrés, fut réalisée pour glorifier la victoire de Guillaume ; elle était exposée tous les étés dans la nef de la cathédrale.

scène du banquet après le franchissement de la Manche

la cathédrale consacrée en 1077 en présence de Guillaume le Conquérant

la crypte, redécouverte au 15ème siècle, est d'origine romane...

... tout comme la partie inférieure de la nef où était exposée la tapisserie le long des piliers


Sauvée des destructions et des guerres elle a traversé les siècles pour nous être présentée aujourd’hui encore.

Alors que je m’apprête à plier bagage en ce dimanche midi un coup de fil m’annonce que l’un de mes cv déposé la veille dans les nombreux restaurants de la rue St-Jean a trouvé preneur.
Mon périple à vélo s’arrête donc à Bayeux le temps d’une saison d’été.

Comme l’ange et le démon qui apparaissent sous forme de bulle au dessus de la tête de Milou quand celui-ci se trouve face à une énorme flaque de whisky à laper, la fourmi et la cigale se disputent  ma conscience.
La fourmi, m’ayant vu voyager toute une année, se frotte les mandibules à l’idée de me voir amasser quelque grain pour subsister plus largement.
La cigale se morfond déjà à la pensée d’un été passé sans chanter.

Tant pis. J’attendrai l’automne pour danser !


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