lundi 10 février 2014

en mode rodéo

En prenant la piste vers le nord pour le lago del Desierto, situé à 34 kilomètres d'El Chaltén, je m'engage dans un cul de sac … pour les voitures seulement. Voire.



Un ferry me mène en 20 minutes sur la rive nord du lac, où je bivouaue à côté du poste frontière argentin, avec une dernière vue imprenable sur le Fitz Roy.




Le lendemain matin je reprend la piste qui s'est muée en sentier muletier. Le chemin serait presque cyclable, mais son étroitesse et sa déclivité m'obligent à pousser Paulo, avec même quelques portages de sacoches pour alléger la charge.






Après un dernier regard sur le lac le sentier se fait moins raide. Quatre passages de rivière m'offrent quelques bains de pied rafraîchissants. Paulo hésite un peu à s'engager, mais si, aujourd'hui, c'est permis.

Malgré ma progression difficile (5h pour moins de 6 kilomètres de sentier) l'épreuve sera moins difficile que l'enfer vert de Batuva (7h30 pour 6 kilomètres) ; pas d'effet de surprise non plus, car cet itinéraire avant tout pédestre qui relie le Parc des Glaciers à la carretera australe est désormais bien connu des cyclotouristes.

Une belle descente de 6 kilomètres sur une mauvaise piste conduit au poste chilien, puis au lac O'Higgins que je traverse en presque trois heures à bord d'un nouveau ferry.





Le village de 500 habitants de Villa O'Higgins marque pour moi le départ de la carretera australe, alors que pour les cyclistes que je vais croiser durant cette première journée il en est l'aboutissement.
Deux couple de Français d'abord (Toulouse et Lyon) qui se retrouvent sur la route par intermittence. Leurs itinéraires respectifs sont un peu différents, et il m'est toujours intéressant de collecter des avis différents sur les pays que je vais traverser plus tard.
Une constante cependant : le Vénézuela semble être le pays d'Amérique du sud où il faut vraiment éviter de mettre les pieds … et les pneus.


Suivent ensuite respectivement un Espagnol (dont les Français m'avaient parlé) et un Chilien, que je croise au sommet d'un petit col qui nous a laissé l'un et l'autre sur les rotules. Dur dur après des kilomètres de plat de reprendre la montagne. Mais je m'y fais vite.
Au bout de l'étape, un autre ferry que je prends in extrémis rejoint en 40 minutes la petite localité de Puerto Yungay.

 

Passer Tortel et son alignement de maisons sur pilotis accessibles seulement par un réseau de passerelles longues de plusieurs kilomètres est un détour aller-retour de 45 kilomètres qui vaut la peine, même si le site pittoresque serait plus alléchant sous le soleil.








Les cyclistes croisés chaque jour se font de plus en plus nombreux. Petite pause-café à l'abri d'un petit refuge avec Fred et Ophélie qui voyagent en vélos couchés … et il est bien difficile de repartir à l'assaut d'une côte à 12%.


Très sympas aussi ce couple de Suisses, Stefan et Magali, accompagnés pour plusieurs étapes par le père de Stefan qui s'essaie au cyclotourisme sur la carretera australe : le ripio, il s'en souviendra !


Le soleil finit par m'accompagner jusqu'à Cochrane, et mes premiers tours de roue sur cette piste parfois peu avenante au trafic routier peu important sont un véritable enchantement.

pêcheurs à la mouche sur le Rio Mayer

 lago Cisnes


 rioBravo

 
 Laguna Larga

Rio Baker

Des cols longs parfois de 5-6 kilomètres me font prendre un peu de hauteur et me donnent l'impression d'avoir juste à lever les bras pour toucher le condor. Magnifique.




A Cochrane se déroule un festival de deux jours autour de la culture gaucho : démonstration de tonte de moutons, dégustation, concerts … et rodéos ; je suis complètement raccord avec ces cavaliers qui essaient de rester accrochés à leur selle : le ripio de tôle ondulée constitue mon cheval récalcitrant.








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